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EMILIE LECOMTE

EMILIE LECOMTE

Trail et montagne, le partage d'une passion..

Publié le par emy
Publié dans : #NEWS

La Diag ? 2012-09-04 14.06.25

Un an que je l’attendais ! Un an que je rumine dans mon coin mon abandon sur ces terres que j’affectionne particulièrement… Comment me faire pardonner auprès de la Réunion d’avoir manqué un si beau rendez vous ?! Une bonne remise en question, on remet tout à plat, et en avant pour une revanche pour la 20ème, ce sera une belle occasion de souffler ses bougies !...

 

C’est donc gonflée à bloc que j’arrive à la Réunion cette année, avec une seule idée en tête : retrouver 100% du plaisir que j’ai eu la première fois ou j’ai foulé son sol… Objectif, en prendre plein les yeux, et profiter de chaque seconde, de chaque instant ou se mélange ambiance unique au grand Raid, panoramas somptueux, et un tracé d’une technicité hors normes !...

 

Nous prenons tranquillement la route pour cap méchant ce Jeudi 18 octobre, sans trop se presser pour une fois ; je crois que c’est la première fois ou j’arrive si tard sur le stade de départ. Petite montée d’adrénaline quand je vois le monde qui attend devant le sas d’entrée pour le contrôle des sacs à H-1 !!! Ouhaou, c’est un peu juste quand même…! Mais bon personne n’a l’air de s’affoler côté orga, donc pas de raison de paniquer nous non plus ! Je cherche mayounette, (alias Maïlys Drevon), dans les environs qui attend elle aussi patiemment de pouvoir entrer dans le stade avec Nico. Contrôle des sacs, puis je retrouve Vince(Delebarre) juste à l’entrée également. On échange quelques mots, puis nous nous dirigeons tranquillement vers le sas de départ.

LA-DIAG-2012 0414LA-DIAG-2012-0415.JPG

 

 

 

Nous plaisantons un peu avec Maï, une certaine façon d’évacuer le stress avant de partir pour cette belle aventure de 170km et 10800M+ pour traverser la Réunion… Tiens tiens encore une Ile à traverser en un temps record, décidément !... ;-)

 

 Les dieux de la météo semblent avec moi ce soir ! Un signe ?... Nous avons échappés à Anais, mais nous aurons droit à une bonne douche malgré tout ! Trop bien !!!  Conditions difficiles, c’est parfait ! En avant Guingamp de toute façon nous aurons vite bien chaud dans la montée au Volcan !

 

 

 

Les secondes qui précèdent le départ filent tout à coup à toute allure, à peine le temps de me retourner souhaiter une bonne course à ma cop’s, et on est déjà bousculés par un presque faut départ ou l’on se retrouve écrasés contre les coureurs de devant, mais heureusement ce ne sera que de courte durée car cette fois les 2 coups de feux on retentis et nous sommes déjà entrain de dévaler l’asphalte à toute berzingue comme s’il ne s’agissait que d’une petite virée de quelques heures en Beauce… ;-) Plat pays, charmant au demeurant, on y croise même de très sympathiques rouleurs à vélo, (Pour vous les potos de l’ESMPC ! ;-)), mais bon juste rien à voir avec le profil du Grand Raid de la Réunion quoi !...

 

Bref, quelle stratégie adopter sur cette section roulante, assez peu rigolote il faut bien le reconnaître, avec un peu plus de bitume que d’habitude, avant de rejoindre le début de sentier vers les champs de canne 5km plus loin…. ? Et bien « gaz », et on verra bien !

Je suis juste derrière Néréa Martinez, et la garde à vue un bon moment sans m’affoler, puis nous tournons enfin dans le chemin de canne et amorçons une première petite mise en jambe de 200M d’ascension ou déjà je sens que les jambes sont graves au rdv ! « Merci les filles ça tombe méga bien j’avais justement besoin de vous pour encore quelques heures… »

 

Un peu plus loin juste au croisement avant de redescendre vers le chemin de ceinture, je croise Laurianne Foulet-moreau, la petite nouvelle, (et déjà grande ;-)), du Team Trail QUECHUA et Pierre, (un pote qui n’est pas sans me rappeler mes amis d’Esprit Raid), eux sont inscrits sur le Bourbon, et en attendant ils sont venus encourager les raideurs du grand Raid, trop cool ! Merci à vous ; sympa sympa de vous voir là-bas ! ;-)

 

C’est pas le tout, mais y a une course à faire ! Petite descente pour rejoindre le début du sentier de ceinture, ou je suis toujours roues dans roues avec Néréa ;

Ce sentier qui nous mène au volcan est toujours aussi roulant que depuis le début de la course, mais il faut profiter de ces rares moments ou nous pouvons allonger un peu les guibolles parce qu’après, ça va pas être la même histoire… !

J’y croise au passage notre Serge Jaulin national, armé comme toujours de sa caméra au poing, on échange quelques mots, et je lui souhaite à lui aussi bon courage pour cette folle nuit qui l’attend ainsi qu’à son équipe de tournage !... Une autre course après les coureurs, pas facile non plus sans aucun doute !

 

Et voici le début de l’ascension au volcan, personne devant, c’est bon ça ! Une chose est sûre ça ne devrait pas boucher !...

 J’ai quitté Néréa depuis un moment avant le premier pointage, mais je reste dans l’idée qu’elle ne devrait pas tarder à me rejoindre, alors let’s go, on fera du tourisme une prochaine fois…

 Ras dans cette montée, je passe régulièrement des coureurs,  et voilà que nous sortons des sous bois, la suite étant plus exposée au vent et mon corps mouillé de la tête au pied, je ne perds pas une seconde et enfile ma veste Raid Trail Imper Lady.

 Un brouillard épais est venu s’inviter à la fête et malgré une bonne frontale et différents réglages pour optimiser la visibilité c’est bien chaud de trouver le balisage sur toute la section qui mène au ravito de la route du volcan… D’ailleurs je m’égare une fois ou deux, sans trop m’éloigner toutefois de la trace, mais suffisamment pour faire monter le cardio dans les tours… Heureusement que des coureurs ne sont pas loin pour me remettre sur le bon chemin ! Grand merci à eux !

 Nous pataugeons pas mal par endroit dans de belles flaques d’eau qui parfois cachent un peu de profondeur et… oups, c’est jusqu’au genou que je serais baptisée ! Un grand feu au loin pour indiquer le ravito de Foc Foc.

Un pointage rapide, pas besoin de recharger je suis partie à bloc avec 2L75.

 Ça glisse pas mal sur les dalles, concentration absolue, de quoi faire oublier qu’il ne fait pas bien chaud !...


 km 35,3 Route du Volcan, pointage vendredi 19 à 2H54

 Quelques 26 minutes d’avance sur mon plan, et tout va bien. Je retrouve mon chéri, pour un ravito express, je ne m’attarde pas car le froid gagne tout mon corps.

 Je repars gaiement et suis ravie de pouvoir envoyer un peu dans la section qui nous emmène au piton Textor, pour me réchauffer un peu.

 

« Mais ?... que se passe t’il ici ? Une boite de nuit au beau milieu de la plaine des sables ? » Et non ! Ce n’est que le ravito de Piton Textor et son équipe magique de bénévoles déguisés en disco, qui ont montés le son et la température avec une ambiance de folie à laquelle je me joins sans hésiter une seconde, en sautillant avec eux, juste le temps de les remercier pour cette ambiance de feu, pointer et repartir…

J’ai vraiment adoré ce passage, trop génial !

 


 En repartant du ravito j’aperçois Vince (Delebarre), je lui fait une tape amicale sur l’épaule pour lui souhaiter bonne route, tout en espérant qu’il accroche mon wagon pour qu’on puisse faire un bout de route ensemble ;

 En route pour Mare à boue ! Je ne dirais pas que c’est mon passage préféré, c’est pas vraiment le cas, mais c’est une partie que j’aime car elle mobilise absolument toute l’attention dans cet enchainement de portions glissantes, entre racines et passages plus boueux et collants les uns que les autres !... Ce n’est pas le moment de s’endormir !

Vince me rattrape et m’emboite le pas dans la descente, précédé d’un autre coureur qui semble bien le connaître également. Nous échangeons quelques mots, et je tente autant que je peux de lui transmettre de l’énergie et de la motivation, mais il semble avoir un petit passage à vide, espérons pour lui que cela soit de courte durée ;

Je le laisse filer, pour le reprendre un peu plus loin avant la section de route qui nous mène jusqu’au ravito de Mare à boue.

 Je croise sur cette route mes motards de l’an passé, les mêmes journalistes, même endroit, sans doute pas la même heure, mais toujours au rdv ! C’est trop fort ! Et cette coïncidence me donne le sourire ! Nous papotons tout en trottinant sur cette portion roulante et toujours sous la pluie. Il me tarde de mettre des affaires sèches et chaudes au prochain ravito.

 

Km 52,4 Ravito de Mare à Boue, vendredi 19,  5h05 du matin

 photo7598 238x260

Pointage, traversée de tout le camp de base, et de l’immense tente de ravitaillement, chaudement accueillie par les militaires, mais… Ou est donc mon assistant préféré ???

Je demande ou sont les assistants, et personne ne me dit qu’il faut sortir du camp et qu’ils sont dehors, sous la pluie, tout au bout….Donc je patiente, je sors mon téléphone, répond en même temps aux questions de Alexandre Gilles, l’excellent animateur des reportages Rando Péi, et essaye envain de joindre Franck pour lui demander ou il est…? C’est pas le tout, mais le temps tourne, et je caille grave… Bon ben je n’ai qu’à me ravitailler tranquillement en attendant, ce n’est pas le choix qui manque ! Et les militaires partagent leur bonne humeur, nous échangeons quelques blagues, et… Miracle on vient enfin m’avertir que mon assistant m’attend de l’autre côté à la sortie du camp…!

Je suis heureuse de retrouver mon chéri, mais les retrouvailles sont de courte durée, une fois de plus, car il pleut, et il faut me changer en 4ème vitesse pour ne pas prendre froid et ne pas être trempée avant même d’être au sec, ce serait ballot tout de même ! Je change juste de maillot, et opte pour un manche longue,  et remet ma veste Raid Trail Imper Lady, qui est déjà bien trempée, mais elle me coupe bien du vent, aussi, je suis au chaud, parée pour affronter le froid qui nous tombe dessus sur la route du Gîte de caverne Dufour. Pour les chaussures, comme il pleut encore, on verra plus tard…

Petit bisou à mon Loulou qui assure mes ravitos comme une bête, et je repars avec le jour qui se lève maintenant…

 

 Je suis seule, pour ne pas changer, comme ce sera le cas sur 80% de ma course, avec le petit jour qui pointe le bout de son nez ce n’est pas désagréable ; J’ai bien fait de me changer parce qu’il fait vraiment de plus en plus froid je trouve sur cette section. Peut être est-ce du au fait que nous avons en permanence les pieds mouillés, dans ces sentiers que nous remontons et qui se sont transformés en véritables ruisseaux !

Ça glisse toujours comme un truc de dingue, les appuis sont fuyants, difficile de mettre du rythme, mais c’est pas si pire, de toute façon ça grimpe plus que ça ne descend, et les relances se font dans des mares d’eau énormes que j’ai cessé d’esquiver depuis bien longtemps !...

 Le brouillard est toujours présent, et du coup, on ne voit pas grand chose du paysage, dommage !

 


rjornet4.jpg J’arrive au gîte du piton des neiges, et ne fait que pointer à 7h51, aller/retour sans stop au ravito, je ne perds pas de temps car ça caille pas mal et je veux vite descendre sur CILAOS. Du coup j’en oublie de donner un peu de disponibilité au journaliste, je m’en excuse d’ailleurs une nouvelle fois, je crois que le pauvre il est resté avec sa question et je lui ai simplement répondu en demandant si le « retour était bien par là…? » ;-)13570456

 

 

 

J’amorce la descente vers le Bloc. J’ai bien l’impression de n’avoir jamais fait une descente aussi lente, tellement que ça glisse de tous les côtés ! Toutes les pierres zippes, les racines n’en parlons pas, bref, je préfère assurer sur ce coup là !

 

 Le changement de température en arrivant sur Cilaos est saisissant. Déjà le soleil est présent, et il me tarde d’enlever le coupe vent qui m’étouffe maintenant ! Jamais contente la LECOMTE, « vous sav trop chaud ou sav trop froid ? »!... ;-)13592181.jpg

 

Arrivée au stade de CILAOS en musique, toujours cette ambiance festive, unique au Grand Raid, et que j’adore ; Je me prête au jeu bien entendu en dansant avec cette demoiselle, avant de rejoindre le pointage à 8h57.

 

Mon Loulou est au même endroit que l’an dernier. Mais je vais bien mieux que l’an passé au même poste !.... Tout est parfaitement prêt, il a préparé mes chaussures, et comme il le dit si bien lui même «  la chaussette gauche dans la chaussure gauche, et la droite dans la chaussure droite… » ;-)

T-shirt manche courte, casquette, lunettes, ça sent la chaleur tout ça, et ça va faire du bien d’être un peu au sec pour la première fois depuis le départ à St Philippe, soit 10H57 de course maintenant. Je bavarde encore avec les journalistes, tout en grignotant 2, 3 trucs.

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Je repars avec un pain au lait à la main que j’aurais d’ailleurs bien du mal à avaler, à tel point que le cameraman qui me filme juste avant de descendre sur le GR R2, me glisse un fébrile «  Tu devrais avaler une gorgée d’eau pour faire descendre !... » mdr ! La honte avec mon pain au lait coincé dans le gosier ! J… J’ai bien ri une nouvelle fois ! Et pour faire descendre, j’ai choisi l’option « banane », pas sûre que ce soit hyper confortable au final, mais efficace en tout cas !

 

 

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 Arrive enfin la fameuse montée du Taïbit. Grand moment ! Celle là, quelle que soit les années, elle te fait toujours mal au cerveau ! A croire que c’est un passage test. Si tu résiste au Taïbit, tu résiste à tout !...Ou presque… ! Ou pas…! Enfin bref, j’ai eu droit à mon coup de chaud, il m’en fallait bien un, et c’est là que j’ai choisi de l’avoir ! Bon ben faut que ça passe, je monte tranquillement, sans m’affoler, les jambes répondent toujours présente, donc ça devrait bien se passer.

Je débouche sur la route, ou je retrouve le joyeux ravitaillement du départ sentier Taibit, accueil musical, pointage express à 10H19, je profite une nouvelle fois de la fête et de la bonne humeur des bénévoles, vêtues de robes tropicales aux couleurs magnifiques, pas de doute je suis bien à la Réunion !...

Traversée de route pour rejoindre l’autre partie de sentier, quelques foulées pour relancer et l’ascension continue…

 

Sur la section qui mène sur Marla, je discute avec un gars que j’avais croisé 3 ans plus tôt, du côté de Fontainebleau lors d’un entrainement sur le circuit des 25 bosses, je revenais d’ailleurs de la Réunion, et on avait sympathisé en bavardant du Grand raid justement. Depuis, le mec en question s’est mis au Trail sérieusement, et aujourd’hui, je le retrouve sur la Diag !!! C’est pas trop fort ça ?!  Il allait plutôt bien pour une première sur le Grand Raid ! Je suis impressionnée, et le laisse me raconter un peu son programme, pendant que nous descendons tranquillement mais sûrement, et voilà que se pointe le joli ravito de Marla, il est 11H58, c’est l’heure des grillades semblent il ?...

 

Une odeur des plus alléchantes lorsque votre ventre crie famine, oui mais voilà, ce sera pour une autre fois, sous peine de quelques lourdeurs digestives si je me laisse aller à l’appel de la viande grillée ! Ou de la saucisse d’ailleurs, car en bavardant avec un journaliste, je me rends  compte qu’il s’agit de Rougail saucisse ! Je ne manque pas de lui dire que c’est une torture que de me narguer avec ce genre de bon petit plat alors que je suis contrainte au régime énergétique beaucoup moins glamour, même si la soupe aux vermicelles des bénévoles est excellente, ça vaut quand même pas un bon petit rougail saucisse !! Bref, le gars me glisse un «  T’inquiètes, je t’en garde un peu », mais il ne m’a pas dit pour quelle année ?!....

Je fais le plein d’eau, et laisse un message super important à la petite équipe :

Nous sommes vendredi 19 octobre, il est 13H-1H, et c’est le bon endroit et presque la bonne heure pour souhaiter un bon anniversaire à mon amie Maïlys Drevon, qui est elle aussi sur les sentiers du Grand Raid quelque part, pour souffler virtuellement son 36ème anniversaire !! « Je ne suis pas présente physiquement mayoune mais avec toi à 200% par la pensée, happy Birthday my friend !.... » J’espère du même temps que tout se passe bien pour elle, et qu’elle fait une belle course… ? Alors je motive ma petite assemblée de bénévoles super géniaux, et leur demande s’ils peuvent faire une méga ovation pour quand elle arrivera sur ce poste ? Ils me répondent que ce sera avec plaisir, alors ouf, me voilà rassurée, je peux reprendre mon chemin…

 

Voilà 3Heures que j’ai quitté mon Loulou depuis Cilaos, je sais que cette section va être longue sans lui, puisque je ne le reverrais pas avant Maïdo tête dure… Heureusement, nous communiquons pas mal par sms. Et puis je ne suis pas vraiment seule, il y a mon Pierrot aussi qui est très régulièrement avec moi par sms, mon ami Antoine Dillet aussi qui me transmet de sages conseils, et tout plein de messages d’amis et de la famille, qui nourrissent mon esprit de tout plein de motivation ; j’espère de toute mes forces leur rendre la course qu’ils aimeraient que je fasse…

 

Pendant que je suis perdue dans mes pensées, mes pieds tentent de trouver le juste équilibre dans cet enchevêtrement de racines énormes qui constituent le chemin… J’oscille régulièrement entre « je mets et je retire » le coupe vent, car nous traversons de temps à autre des nappes d’air chaud et étouffant, et parfois au col notamment lorsque nous basculons du sentier scout en direction de la plaque, des courants d’air frais qui ont vite fait de nous frigorifier…

 

J’ai rejoins le petit groupe de 3 coureurs dont le gars de Fontainebleau. Ils ont prévu de faire la nuit ensemble. Pour ma part, je ne projette rien, je ne suis pas inquiète à l’idée d’être seule de nuit, bien au contraire.

Je mène le train pour les relancer un peu, puis nous échangeons, je me laisse glisser dans le wagon, et nous filons bon rythme du coup.

L’hélico tourne au dessus de nos têtes depuis un moment ; Nous le rejoignons finalement du côté de grand place les bas il me semble. Il est au sol, et une partie de l’équipe à son bord m’encourage au passage.EMILIE-LECONTE--SLY_0724.jpg

J’ai un regain d’énergie à l’approche de ce qui s’avère être LE gros morceau de la ballade : Une montée de 2200M en 16km pour rejoindre le Maïdo ! Joli ratio ! Ascension en palier, avec un premier replat après Grand place les hauts.

Oui mais une montée qui va s’avérer de plus en plus raide malgré tout...

 

2 de mes compagnons de route sont restés un peu plus longtemps au ravito de Grand place les bas ; Je repars pour la terrible ascension en compagnie du troisième, un coureur Réunionnais, qui a plutôt un très bon rythme en montée.

Je lui emboîte le pas des les premiers lacets, et cherche du regard cet Hélico qui a redécollé et qui ne cesse de nous tourner autour… Je leur fait des signes à travers les arbres, et au détour d’un virage un peu dégagé, leur envoi une dédicace toute spéciale au travers d’une petite figure de style que j’ai nommé « ma virgule » !...

 Emilie-Lecomte-2.jpg

Voilà, ma singerie étant faite, et m’ayant bien occupée l’esprit, c’est que nous avons mine de rien déroulés quelques bons mètres d’ascension sans trop s’en rendre compte ! Et c’est tant mieux, parce que la section qui suit est comment dire, vraiment très très raide !....

Coup d’œil sur ma SUUNTO AMBIT, et je me rends compte que j’ai grave de l’avance sur le prochain poste… J’envoi un premier message à Franck pour demander à David, mon prochain assistant, de partir un peu plus tôt que prévu, j’évalue mon avance à environ 30’ sur Roche Plate…

 Il est aux environs des 17H30, nous bénéficions d’une température idéale à cette heure-ci pour affronter cette difficulté.  Nous arrivons presque au sommet, et je demande à mon collègue à combien de temps il estime que nous serons sur Roche Plate ? Et là, il me glisse un «  A cette allure, je pense qu’on y est dans 30 minutes environ ».

Oups ! Vraiment plus rapide que prévu !! Deuxième sms d’urgence à Franck pour David « Dis lui de se magner le popotin, j’arrive dans 30’ max »… Pas cool la LECOMTE ! Elle se goure dans ses prev, et c’est le bronx dans l’assistance ! Du coup j’ai obligé mon pote à courir dans toute la descente du Maïdo malgré un méchant mal de dos qu’il se traine depuis quelques jours… Heureusement que le sac ne pesait pas aussi lourd que les ravitos de Corse, sinon il aurait opté pour un bivouac sur Roche plate avec option retour en Hélico je pense ! ;-)) Merci encore mon Dav ! T’as été super ! Pour une première, c’était Tip Top !

 

Mon collègue Réunionnais s’est échappé, il a dû en avoir marre de mes pitreries ! ;-) Dommage, c’est pas que l’on parlais beaucoup, mais c’était cool pour le rythme…

 Et revoilà le brouillard ! Toujours présent sur le sentier qui mène à Roche plate…

Sentier qui me semble d’ailleurs toujours autant interminable à chaque fois ! Pourtant cette fois je n’ai pas particulièrement hâte de me poser, mais je sais pas, je crois que j’aime pas trop ce petit bout de section finalement.

 

Et voici le poste de Roche Plate, ou je pointe à 17H58 soit avec 1H15 d’avance sur mon plan de marche !... Je me suis un peu loosée sur ce coup là ! Désolée les garçons (Dav & Francky)…

Presque 20heures de courses maintenant, et les sensations sont vraiment très bonne, le mental est à bloc, bref tout baigne ! A l’arrière l’écart semble creusé, de quoi prendre le temps qu’il faut avant de repartir pour le fameux Maïdo !

Je me change pour la nuit, T-shirt sec, j’opte pour une simple couche car il ne fait pas froid. Je ne change ni chaussettes ni chaussures, et je garde le short qui oscille entre le « sec, pas vraiment sec », pas grave j’ai les fesses au frais comme ça… ;-)

Ravitaillement en boisson pour la section jusqu’à tête dure, ou mon chéri assurera le prochain plein d’eau.

C’est repartit mon kiki !

 

Alors que j’ai amorcé la montée du Maïdo depuis un moment, je reçois un sms de Franck qui me demande si j’ai passé la brèche, je lui indique donc que ça fait un bon moment, je suis à 25% environ de l’ascension, et il m’indique que globalement après « ça court »…. Je crois qu’il a du se tromper de « 25% »… ça court oui, mais pas tout de suite quand même…

Franchement, cette grimpette est loin d’être la plus difficile du parcours. Je m’attendais à quelque chose de gigantesque avec tout ce qu’il se disait à droite et à gauche à son propos, et en fait, rien de vraiment difficile si ce n’est que l’on prend un bon déniv en très peu de temps, mais il y a pas mal de replat, alors ça permet de respirer un peu.

La nuit à gagné Mafate, je ne peux donc malheureusement pas profiter du paysage, alors il ne me reste qu’à avancer !...

J’entend au loin des cris entre encouragements et bruits festifs, je lève les yeux vers le ciel, et aperçois de toutes petites frontales… Il semble que le sommet ne soit pas pour tout de suite…

 Et voici enfin le Ti col, ou je suis censé apercevoir Elodie qui est venue tout spécialement de Le Guillaume pour me faire un petit coucou au passage, mais on s’est loupé ! Je suis passée sans m’arrêter puisque le ravito est un peu plus loin, à tête dure, et elle est au niveau de la route… texto dans le même temps pour m’avertir qu’on s’est loupé à quelques secondes ! Je suis deg ! Elle aussi du coup !... Je file sans perdre une minute vers le ravito car il me tarde de retrouver mon chéri !

 

rjornet5.jpg« Quelle ambiance ici ?! Y aurai pas une course ou un truc dans le genre ? … J Accueillie chaleureusement et entourée immédiatement de journalistes, je pointe au ravito de Tête dure à 20H01, j’ai à peine le temps de voir mon loulou qu’il faut répondre aux questions à droite et à gauche et attendre gentiment le live de canal Grand Raid…

Alors je profite de l’occas pour blaguer un peu, changer de frontale et grignoter le temps que Franck recharge mon camel, et que Canal Grand Raid se décide à nous donner l’antenne… ;-) petite pause de bonne augure de toute façon, je peux prendre mon temps…

 Je repars en direction de Sans souci dans ce qui est censé être une « descente roulante »… Oui certes, en tout cas à partir de Ilet Alcide, parce que en attendant nous avons droit à un bel enchainement de montées/descentes dans les sous bois, entre racines mouillées et marches bien raides…

C’est la seule partie du parcours 2012 que j’ai repéré cette année, à l’occasion d’une petite sortie quelque jours avant… Je sais donc que nous ne redescendons pas directement et que les guibolles vont être encore bien sollicitées. Cette partie est dynamique, et finalement elle passe assez rapidement.

 

Je ne vais d’ailleurs pas tarder à regretter qu’elle ne dure pas plus longtemps, car après, c’est une véritable autoroute qui nous emmène vers Sans soucis… Une descente particulièrement longuette et sans grand intérêt, large piste entrecoupée de sorte de rigoles en bois qu’il faut enjamber de petits sauts qui coupent la foulée… On aperçoit enfin les lumières en contre bas, ça annonce un certain retour à la civilisation… Mais la partie de « plaisir » est loin d’être terminée : cette deuxième partie de la descente nous offre la joie d’être collés au pavé par une espèce de bouillasse sablonneuse, qui nous fait zipper à droite et à gauche et du coup ralentit considérablement le rythme de la descente….

Burkkk, je n’ai pas du tout du tout aimé ce passage !...

 

On débouche sur une route avant de rejoindre un peu plus loin le « tant attendu » ravito de Sans souci ; et si jamais j’ai un doute sur le balisage, je n’ai qu’à suivre les traces de boues laissées par les chaussures des coureurs qui me précèdent, elles m’y conduisent tout droit !

 

Pointage Vendredi 19 à 22H30 au ravito de Sans souci, ou je ne suis pas censée m’arrêter puisque Franck m’attend à Halte là

Mais je suis si bien accueillie entre Vince que je retrouve ici, et les chouettes bénévoles, que je prends le temps 2 minutes pour bavarder un peu, savourer d’excellentes crêpes à la confiture de goyavier, et mettre ma main dans de la peinture bleue pour laisser une empreinte de notre passage sur le mur de l’école… Je passe un coup de fil à Seb (Talotti) qui m’attend également avec Chris, Jérémy et Franck au prochain poste, pour leur dire que j’arrive mais que je suis entrain de déguster de trop bonnes crêpes, histoire de leur mettre l’eau à la bouche pendant que eux dévorent une pizza au même moment… Je ne sais pas qui fait languir qui au final… ? ;-)

 Vince repart du ravito avec moi juste le temps de me remettre sur la trace, de me donner 2 3 indications sur le profil qu’il reste à parcourir, et je file vers Halte là…

 

Portion assez peu intéressante le long de la rivière des galets, sur la route, ou l’ on n’en finit plus de cette longue ligne droite avant de enfin basculer sur l’autre rive, et enfin démarrer le petit bout de grimpette qui va nous mener jusqu’au prochain poste.

 LA-DIAG-2012 3417

A l'approche de Halte là je tombe sur Seb et Jéremy venus à ma rencontre pour m'encourager; Trop bien parce qu'elle est un peu longuette cette section.

LA-DIAG-2012-3423.jpg

J'entre dans le stade de Halte là et suis une nouvelle fois accueillie avec une grande ferveur, pointage à 23H25.

hqdefault.jpgA peine le temps de rejoindre Franck qu'un journaliste vient carrément se mettre entre nous deux, nous n'avons même pas l'occasion d'échanger un mot, que le gars me tend son téléphone pour une petite Interview live, au grand dam de Franck, qui m'avait tout préparé pour un super accueil, avec même de quoi m'assoir, le pauvre... Non contente d'avoir répondu aux questions des journalistes, je n'ai même pas ravitaillé quoi que ce soit du coup puisque bien rassasiée par le précédent ravito...  

Bon ben du coup je repars, je verrais mon chéri au prochain poste, enfin j'espère! ...

 

Je croise des locaux au détour d'une route qui m'indiquent qu'il faut tourner sur la droite et que le début du sentier est un peu plus haut sur la droite... Chaude ambiance également chez les supporter! Je ne sais pas si c'est la dodo ou le rhum arrangé péi qui animent leur soirée, mais du point de vue coureur, c'est trop bon de les croiser régulièrement et de partager un peu de la fête avec eux!

Je suis seule depuis.... bah un sacré bout de temps maintenant, depuis avant Roche Plate en fait! Alors qu'elle n'est pas ma surprise lorsque j'entends 2 gars qui semblent courir et papoter juste derrière moi...?! Tiens, rattrapée par des coureurs? Non pas du tout, ce sont des locaux qui vont faire un petit bout de route avec moi! Trop sympa les gars! Très vite l'un d'eux est lâché dans cette montée tout en single que je prends plutôt avec bon train... L'autre gars qui est resté avec moi m'indique que nous sommes de l'autre côté de dos d'Ane.... ah ah! Ce fameux Dos d'Ane! Je suis bien contente d'être de ce côté cette fois-ci! Au moins j'eviterai peu être une mauvaise chute idiote en montée... hmmhmm..Bref! ...

Je retrouve mon Loulou à l'entrée du sentier qui descend vers le pointage du Chemin Ratineau. Il voulait m'attendre là-bas, a commencé à descendre, et.... Bizarement à vite faite demi tour lorsqu'il a vu la tronche du chemin!! Tu m'étonnes!! Ce qui s'avérait être une section rapide dans mes prev, c'est transformé en un long chemin de croix!... D'abord ou est le sentier? Au beau milieu de gros rocher tous plus glissants les uns que les autres, ne parlons pas des racines, et de ces grosses branches qu'il faut enjamber... 

D'habitude ça m'éclate, mais là je suis obsedée par le fait que je perds un temps fou et que du coup Néréa risque de refaire son retard sur cette section.... Oulala, pas bon ça!

Chemin Ratineau! pointage à 00H45. Bon ben c'est pas si pire, je n'ai que 15 minutes de retard sur mon plan de marche... ce n'est rien sauf si on tient compte que j'avais 1H15 d'avance à Roche Plate... Y a pas comme un léger souci somewhere? Les descentes ne seraient pas si rapide que ça en fin de compte! Une spécificité propre au grand Raid, du technique en veux tu en voilà, de quoi faire appel à une concentration maximale de tous les instants...

La descente vers possession n'en finit plus! On voit bien les lumières au loin, mais quand est ce que nous allons perdre de l'altitude!!? Il n'y a plus qu'à se mettre en mode "automate" sans trop se laisser bercer toutefois par le ballet incessant des crapauds qui sautent de partout comme pour m'accompagner sur ces sentiers dont on peine à être rassuré par un balisage un peu faible à mon goût...

Je dois accuser un peu de fatigue car j'ai besoin d'être rassurée en permanence par Franck sur les écarts...Alors que ceux ci ne me sont que de plus en plus favorable au fil des kilomètres... Oui, mais ça n'est pas suffisant pour m'apaiser... ça sent le petit coup de moins bien à surmonter...

Ravito de la possession, Samedi 20 2h21

Je retrouve mon loulou, Seb, Vince et Chris, qui m'entourent, m'encouragent et me rassurent avec toute l'énergie et la douceur qu'il faut, mais rien n'y fait... petit coup de pression inutile pour un quiproquo d'une boisson energétique que je réclame et que Franck ne m'a pas préparé pour ce poste....Tiens tiens ça me rappelle le même scenario en Corse... Sauf que là, c'est un peu de ma faute parce qu'on a décallé les ravitos à cause de Sans souci... C'est pas si grave, mais la fatigue prend le dessus sur la lucidité et le recul nécessaire... 2 3 mots apaisants de vince, et je quitte le poste en direction de Grande Chaloupe...

 

Je n'aime pas repartir d'un poste contrariée avec mon loulou, alors il me tarde "d'envoyer du steak" jusqu'à Grande Chaloupe pour que je puisse me faire pardonner... On m'a tellement parlé de cette portion de route désagréable pour rejoindre le début du chemin des Anglais, que je m'attendais au pire!... Mais comme je suis en pleine nuit, heureusement il n'y a pas une seule voiture, mise à part celle de la copine d'un Réunionnais qui s'est joint à moi sur ce petit bout de route pour m'accompagner jusqu'à l'entrée du sentier, et celle de Franck derrière; Inquiet de me voir suivie, il est venu s'enquérir que tout allait bien! Ouf, quel garde du corp mon chéri! :-) En tout cas il ne boude pas, c'est cool! .... ça va mieux!

 

Et voici le fameux chemin des Anglais! J'avais reconnu cette partie l'an dernier en compagnie de mon ami Pfx... Et je me souviens d'avoir échangé avec lui sur " faut il mieux courir ou non sur ces dalles inégales en contre sens de notre progression dans la descente qui mène à grande chaloupe...? Je lui ai alors répondu fièrement et sans hésiter "ben il faut courir! Quelle question!"... Oui mais ça c'était parce qu'il faisait grand jour et que je n'avais pas 150km dans les jambes.... Je me suis ravisée depuis! Enfin, il faut tenter d'avancer comme on peut quoi! " Tiens je tente ce côté là ça à l'air plus roulant, puis non finalement le milieu est encore le mieux"... puis non en fait c'est un peu joueur! Tout ça m'accapare beaucoup d'attention, et ça va bien mieux, je suis plus détendue.

En plus je ne cesse de recevoir encore des messages de mon Pierrot et des suiveurs qui ne dorment pas non plus du côté de la métropole! Trop bon!! Je ne suis plus qu'à quelques heures de la Redoute, et commence à toucher du doigt que peu être la victoire est possible?... Jusqu'au bout je préfère rester sur mes gardes, tout peu encore arriver!... 


29H57 de course, et c'est le ravito de Grande Chaloupe que je pointe à 3H57 ce samedi matin... 

Il reste seulement 14 petits kilomètres et tout juste 895M+ de dénivelés à avaler!... ça semble si peu! c'est si proche et si loin en même temps! Mais que c'est bon de se dire qu'il reste grosso modo plus ou moins 3h de temps pour peu être faire aboutir 1 an de préparation, de rêve, tant de volonté à atteindre l'objectif que l'on s'est donné; Tout se temps que l'on n'a pas consacré à ses proches pour aller s'entrainer car il faut bien travailler dur pour transformer ses rêves en réalité...se dire que tout cela n'est pas vain et que c'est peu être sans doute la plus belle façon que l'on a de les remercier, de les saluer de tant de patience qu'ils nous accorde, et de tant de sacrifices qu'ils concédent pour que l'on puisse vivre notre passion à fond...

 

Je retrouve ma petite équipe, gonflée à bloc pour me pousser dans ces derniers kilomètres de tous les encouragements qu'ils peuvent.

 

Je m'égare un peu au sortir du ravito et ne vois pas que l'entrée du chemin pavé est juste sur ma gauche; je me retrouve à aller tout droit dans un bout de chemin privé ou je vois de la rubalise, et c'est ça qui me trompe... Mais je me rends assez vite compte que je fais fausse route car il y a tout plein de chiens qui aboient d'une manière assez peu accueillante... Je fais demi tour, mais ne vois toujours pas l'entrée du sentier... Petit moment de panique je tente d'appeler Vince, et c'est finalement Seb qui va me calmer sans me remettre directement sur la bonne route à distance, mais le ton doux  de sa voix est rassurant , et ce sera suffisant pour me remettre les idées en place, souffler, ouvrir les yeux, et enfin trouver ce fameux départ!... Du coup me voilà au taquet pour enchainer cette montée vers le Colorado. 

Je m'étais préparée à ce que cette section ne soit pas hyper ludique d'après ce que j'avais pu entendre, alors, en mode "à fond" pour tous ceux qui me suivent, ni une ni deux, je déroule chaque fois que l'occasion m'est donnée.

Le petit jour pointe le bout de son nez, et j'aperçois au loin plus haut la fameuse boule blanche, annonçant l'arrivée imminente sur le Colorado! Oh punaise, lé bon ça!...

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Dernier pointage avant l'arrivée, Colorado 6h07...

Mon chéri est venu me faire le bisou qui va bien; J'enfile le T-shirt des sponsors de l'organisation, et je repars sans perdre plus de temps.... 

Je ne réalise pas bien, j'ai juste hâte d'arriver, pas parce que j'en ai marre, mais je ne voudrais pas que cette victoire m'échappe si prêt du but... Et me voilà encore en quête des écarts à l'arrière auprès de Franck...

Je prends 2 secondes tout de même pour un arrêt technique, et vais enfin pouvoir apprécier la descente vers la Redoute...

Je ne la connaissait que de nuit, et me souviens l'avoir faite à toute berzingue dans la panique d'être rattrapée par Chistine Benard il y a 3 ans...

Je ne suis pas d'avantage rassurée cette fois-ci, mais profite malgré tout de cette vue sur St Denis et cherche le stade au travers des rayons du soleil qui viennent m'éblouir et réchauffer le corps...

Je m'égare une fois de plus dans la toute fin de la descente, tout comme il y a 3 ans... Je descends un peu trop bas et manque le balisage qui file vers la gauche... allez Emy, c'est fini, on reviendra jouer plus tard... ;-)

ça y est, cette fois ce sont les derniers mêtres qui mènent à l'entrée du stade... 

Je suis accompagnée du même gars qui a fait un bout de route avec moi à la possession, trop fort! 

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Dernier virage, je foule enfin la piste, et suis accueillie par Seb, vince, chris, Jérémy, quelques rares supporter, les bénévoles, et mon Chéri qui ne s'est pas endormi cette fois-ci!

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      Dieu que c'est bon!

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Pour toi Seb, p'tit frère, ce 20ème anniversaire de la Diagonale des fous n'est pas sans me rappeler que pour toi cela fait 3 ans déjà, et qu'on ne t'oubli pas... Puissent ces kilomètres te donner un second souffle dans nos coeurs...

 

 

 

 


 

Et pour toi Franck, et pour tout ceux qui croient en moi depuis le début ! ...

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33H03'17", la victoire chez les filles et une 10ème place au scratch...544708 509307852412558 1770984131 n 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je suis heureuse, tout simplement...

 

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Je n'ai pas les bras assez grands pour vous prendre tous à l'intérieur et vous serrer de toutes mes forces, vous qui m'avez soutenu, et vous qui me soutenez au quotidien dans mes projets les plus fous, pour vous remercier de tant de soutien et de chaleur qui ne cessent de me porter et de me donner la force d'aller toujours plus loin vers de nouveaux objectifs toujours plus ambitieux!...


Aussi j'aimerai partager de votre soutien si précieux, auprès de la famille de Thierry DELAPREZ, à ses proches et à l'association trisomie 21 BDR pour laquelle il courait...

Le grand Raid a perdu l'un de ses fous, et c'est toute la communauté de raideurs qui en est boulversée... 

 

Emy

 

 

 


 

^﷽﷽﷽﷽﷽﷽﷽﷽vraiment la peine dez mais qu'e ce sera le cas sur 80% de ma course, avec le petit jour qui pointe le bout de son nez

 

 

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laurent 26/10/2016 19:54

Emilie je découvre ton récit de ta superbe victoire de 2012. Nous sommes tous fans de toi sur le poste de grand place. trop déçus de ne pas t'avoir vu cette année (2016). A bientôt pour le 15eme anniversaire du grand raid!
laurent. bénévole du gd raid.

Bertrand 07/11/2012 12:20

Cette annee, j'ai eu la chance de faire ma premiere diagonale et de la terminer, magique !... mais je boxe vraiment pas dans la meme categorie. :)

Quel recit impressionnant !
Tout parait simple, et c'est raconte avec un tel enthousiasme, une telle simplicite et tant de gaiete. On revit votre/ta course. Felicitations !

Bluffe autant par la performance que par l'etat d'esprit. Une bien belle image du trail !
Je m'incline ! Respect !

Isa 06/11/2012 05:22

Emy, que d'emotions!! je t'ai suivi tout le long de ton parcours (via canal raid- je vis à Mada), tu es étonnante et un exemple de simplicité et de tenacité!! une grand grand bravo à toi

sebd 05/11/2012 10:06

Très beau récit super complet ! On ressent tout le plaisir que tu as pris dans cette aventure à travers tes mots !
Et bien sur, félicitations pour cette perf' !

Matthieu 04/11/2012 12:27

Salut Emy, un petit message du coureur avec qui tu as fait un bout de route et que tu avais croisé à Fontainebleau ;-)
Très sympas ce petit clin d'oeil dans ton CR.
Super de lire ton récit, celà fait remonter plein de souvenirs qui ne me quiteront pas puisque de mon côté, c'est la première fois que je dépassais 100km et 12h de course...
On ressent parfaitement à travers tes mots le plaisir que tu a pris sur cette course et c'est ce plaisir qui justement te permet de réaliser une telle performance.
Comme je te l'ai dit, tu avais fortement contribué à me donner envie de faire un Ultra il y a 3 ans et voilà qui est fait. Maintenant c'est ton CR qui me motive encore plus à continuer en voyant le
bonheur que l'on peut continuer à trouver après plusieurs années de pratique, et bien merci encore.
Au plaisir de te recroiser.
Matthieu