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Publié par emy

  Sara%20Sanetch

 

Bio express de notre Guide :

 

"J’ai 33 ans et je vie à Chamonix. J’ai finit le diplôme de guide il y a 3 ans. Même si je n’ai découvert le milieu de la haute montagne qu’en arrivant à Chamonix il y a 12 ans, j’ai toujours aimé le sport et la montagne.

Jeune, tout était prétexte pour me dépenser, rentrer de l’école à pied, débroussailler les berges autour de notre maison du var, parcourir les chemins en VTT, la course à pied… j’étais increvable !!!

Mes parents nous ont fait découvrir en toute simplicité la montagne à parcourir l’arrière pays niçois avec des skis de randonnées ou l’été à crapahuter des itinéraires sur sentier avec la tente sur le dos.

 

J’ai passé un diplôme de « fille », en pharmacie, pour contenter mes parents mais je rêvais de trouver une activité qui me permette d’être dehors et de voir le soleil.

 

Chamonix m’a happé comme un aimant !!! Très vite l’attirance et la beauté de ce que j’ai découvert grâce aux techniques d’alpinisme, ont eu raison de mon vertige très présent! Avec une préférence pour le ski de randonnée et les courses mixtes, je passais tous mes jours de congés là haut, qu’il fasse beau ou mauvais ! de belles aventures à raconter !

 

 J’ai passé tout naturellement le diplôme d’accompagnateur moyenne montagne. Puis en comptabilisant les courses en montagnes faites, j’avais effectué largement les 55 itinéraires demandés pour se présenter au diplôme de guide ;

 

Aujourd’hui mon plus grand plaisir est de découvrir de nouveaux coins, en ski de randonnée ou de grimper au soleil avec des amis.

 

En fait, heureusement que je fais du sport !!! J’aime trop manger, j’adore autant un bon gigot d’agneau, qu’un bon st fellicien ou une tarte à la framboise.

 

Le summum pour moi c’est un bon hammam après une journée dans la montagne au froid, après la dégustation d’un bon chocolat italien.

 

Une autre passion ? la musique !!!!

 

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Pendant la saison plus creuse de cet automne on a décidé avec des potes guides de faire un groupe de musique !Il y a 2 guitaristes, dont un chanteur, une contrebasse et moi  j’ai ressortie avec beaucoup de plaisir ma flûte traversière et un petit accordéon diatonique

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   on s’appelle « swings, valses et tralala »  "

     

 Sara tu es guide de Haute montagne, tu fais partie des rares filles à exercer ce métier, peux tu nous dire quelles sont les qualités requises pour y parvenir ? 

 

"Avant tout aimer la montagne et prendre le temps de faire connaissance avec elle.

   

 P1000443[1] 

 

Ensuite, Avoir du caractère !!! non sans rire, il faut aimer prendre des décisions, aimer mener, mais savoir rester humble en même temps! bien se connaître, et savoir faire confiance à son expérience acquise, tout en étant en observation et réévaluation constante des situations. Savoir s’adapter et se servir des éléments que l'on a sous la main.

                       

 

IMG 5570 - CopieLa diversité des activités possibles, fait qu’il faut être sportivement très polyvalent ! il faut être pas mauvais skieur, il faut aimer grimper et en plus avoir un bon cardio.

  

Enfin, le plus important pour moi parce que guider en montagne est différent de la pratique de la montagne en amateur ; si on veut se régaler dans ce métier, il faut aimer les gens, aimer donner et partager sa passion!!!

 

C’est Rebuffat, un grand alpiniste, qui disait : « la montagne est plus belle dans le regard de mon compagnon de cordée »  "

           

 

 Le cursus de formation aspirant-guide/guide est relativement long, et difficile, il faut savoir s’imposer parmi les meilleurs pour décrocher le diplôme, comment l’as-tu vécu? 

 

 

"L’examen d’entrée est plus ou moins un concours, sur 4 jours.( 1j de ski puis 3j en été pour l’escalade, et la glace) c’est très dur d’être évalué sur sa réelle valeur de montagnard sur de si courts instants. Il faut avoir les nerfs solides.

 

 

Pour cet examen, j’avais une petite blessure au bras qui m’a empêché de m’entraîner en grimpe et un emploi à plein temps, donc pas vraiment prête !! J’avais un avantage, j’étais heureuse d’être là, dehors, en train de faire du sport, plutôt que d’être enfermée dans ma pharmacie.

J’ai donné tout ce que j’avais et c’est passé juste…

 

J’ai beaucoup apprécié le partage avec certains professeurs pendant les 11 semaines de formations. (formation étalée sur un an, pour être « aspirant guide » et pouvoir travailler comme guide avec certaines prérogatives) ; des vrais puits de sagesse et de connaissance.

Malheureusement, certains formateurs font passer un message décalé du métier de guide et trop éloigné du respect de la vie humaine. Certains matins, je me demandais à quelle sauce j’allais être cuisinée !!!

A cette période, J’ai fonctionné un peu en roue libre, en fonçant, et ça a fonctionné à merveille jusqu'à mon diplôme d’aspirant guide…

 

Il paraît que la vie nous fait vivre des évènements pour comprendre des choses.

Moi il m’a fallu avoir un grave accident et le témoignage d’un autre accident mortel sous mes yeux pour réévaluer ma façon de pratiquer l’alpinisme. Il m’a fallut ça pour réaliser que mes peurs étaient salutaires et que je devais m’en servir pour adapter mes techniques d’assurage en fonction d’elles au lieu de les fuire ; le respect de mon corps et le plaisir est devenu bien plus important que les réalisations et les performances que j’effectuais.

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Il m’a fallu beaucoup de volonté pour retrouver un niveau acceptable pour finir ma formation. J’ai pensé plusieurs fois tout arrêter....mais l'envie de retourner en montagne a gagné.

 

Toute cette remise en question m’a fait être plus détachée de l’attente de certains professeurs lors de la deuxième formation de 5 semaines pour être guide. Et j’ai encore eu la joie de rencontrer des hommes d’une richesse humaine incroyable !

 

Je peux vraiment pas dire que les formateurs ont été plus dur qu’avec un mec. Pas de cadeaux, mais une certaine admiration et une envie que je réussisse. "

 

 

 Le métier de guide exige de sérieuses capacités physiques, techniques, et morales, avec tout de même une certaine part de risque, ça ne t’as jamais fait douter sur ton « engagement dans cette voie » ? 

 

 

"Mon accident m’a fait énormément douter ; Avant, j’avais bien été troublée par la blessure ou le décès d’une connaissance… mais tant que ça ne nous touche pas personnellement, on ne réalise pas vraiment ce que l’on risque.

 

Je me rappellerai toujours de l’effet que ça à fait quand j’ai montré des photos d’ascension dont j’étais fière au centre rééducation de Cap Bretton… à mon grand étonnement pas grand monde connaissait ce milieu et surtout enviait cette prise de risque !

J’ai réalisé combien le milieu montagnard est très petit et qu’à force ont se croit être au centre du monde. On peut être vite happé par l’euphorie de toujours plus haut, plus dur, plus dangereux.

Le tout est de trouver le dosage des risques pris pour être en accord avec soi !

 

Je ne m’oblige rien au niveau de la prise de risque; dans ma tête je m’autorise à tout moment de renoncer avec clients ou pas. Et si demain l’envie n’est plus là, je trouverai une autre activité. "

  

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Quelles sont les courses qui t’ont marquées ? 

 

 

"Je pourrai parler de presque toutes les courses que j’ai fait!

…mais je crois que ce qui m’a le plus marqué c’est des courses avec des bivouacs en plein air.

On a essayé de faire le Mont Blanc par un itinéraire long, qui s’appelle l’intégrale de Peuterey, il y a plusieurs années avec mon ex copain. On avait pris des équipements pour pouvoir rester dehors plusieurs jours. Je me souviens encore de se sentiment de liberté super bon.

 

Après c’est plus des instants particuliers, un lever de soleil, sur une immense mer de nuage sur la vallée d’Aoste pendant l’ascension de la dent du Géant.

 Ou, la personne avec qui tu la partage : par exemple, Le Mont Blanc avec ma sœur jumelle ; un jour octobre, on décide de faire le Tacul, un 4000, (premier mont parmi les 3 monts à gravir pour faire le Mont Blanc). Pas acclimatées, on galope quand même bien; on décide de faire le Mont Maudit (2eme mont) dans la foulé… et bien sûr, arrivée là, ma sœur voit le mont blanc qui paraît si prés...(2h encore à monter en haute altitude) elle me supplie de l’emmener…  on sait que l ascension nous obligera à dormir tant bien que mal dans un abri plus bas, mais on fonce. On a mal à la tête, on a pas mangé et bu grand chose… mais au sommet on est en bras nu! On a des conditions incroyables… et ma sœur qui pleure de joie dans mes bras !!! "

 

 

 Quelle(s) course(s) n’as-tu pas encore réalisée(s) et rêverais tu de faire? 

 

"Ou là….il y en a !!!!!!

Toutes les courses en face sud du Mont Blanc me captivent ; le Cervin, la Dent Blanche… la dent d’Hérens….

J’ai fait une fois une voie d’escalade d’artificielle, en dormant en portaledge. J’aimerai refaire ça dans une paroi de granit ! "

 

 

 On peut te solliciter Eté comme hiver pour quels types d’accompagnements finalement? 

  

 

"Je suis multitâche !!!

 

L’été, j’emmène des groupes en randonnée glaciaire, ou école de glace pour découvrir les techniques de cramponnage. J’adore faire des courses sur des arêtes mixte, moitié neige, moitié rocher ; c’est comme une ballade, avec émotion assuré.

Ça peut être de l’escalade en chaussons, soit en moyenne montagne, soit pour les personnes ayant déjà grimpé en haute montagne.

Ou la réalisation du rêve de gravir un sommet.

    IMG 5553

 

L’hiver, la même chose que l’été, concernant l’alpinisme avec un bon équipement. P1060101 Et sinon, La cascade de glace ( c’est génial il faut essayer !!), le ski de randonnée à la journée ou en itinéraire sur plusieurs jours, le ski hors piste… "

 

 

  Quel est le niveau requis des gens que tu accompagnes ? 

 

"Vraiment tout niveau !

J’ai juste besoin que les gens aient envie d’être là et soit un minimum sportif ; En fait, après  c’est à moi de m’adapter et de proposer une activité appropriée.

A chacun sa montagne, a chacun son Everest … "

 

 

 Tu es également partenaire technique Quechua, tu peux nous en dire un peu plus ? 

 

"J’adore ! J’use et je critique…

Je ne suis pas ingénieur mais l’utilisation dans des conditions extrêmes et l’exigence des activités d’un guide est intéressante pour eux afin de faire évoluer les produits.

C’est vraiment une chance pour moi ! "

     

 

  Si l’on souhaite te solliciter comment peut-on te contacter ? 

 

par mail : sara.berthelot@yahoo.fr ou au +33(0) 6 88 49 14 61

je suis aussi dans un site Internet : chamonixguidedesalpes.com 

 

Sara%20dans%20Zauberberg                                       Merci sara! 

 Sara berthelot dans Zanberberg 7a à Gramusset

Commenter cet article

Pierre Lamothe 27/08/2015 15:34

Une fille formidable ! Et la plus belle musculature de dos qu'on puisse voir quand elle joue du jazz en marcel !!

pierre fauroux 27/01/2012 06:43

Emy reporter ! Très réussis tes interviews.
Bien choisi l'exemple de Sara, on accroche bien à son personnage.