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EMILIE LECOMTE

EMILIE LECOMTE

Trail et montagne, le partage d'une passion..

Publié le par emy
Publié dans : #NEWS

De retour de Corse, et en préambule de mon récit à venir, je tenais à vous faire partager le "Off" de cette tentative de Record sur le GR20...  Une belle réussite collective, celle de mon équipe formidable, ma dream Team ...

Aussi ai-je laissé la plume à ma maman, qui à ouvert son coeur pour vous emmener sur le GR20 avec nous, retour sur ce fabuleux périple...

emy

 

"EmyGR20T1, la passion sinon rien

 DSCF0087.JPG

Comment décrire cette folle aventure, quand on l’a vécue de l’intérieur, qu’on a ri, couru, tremblé, sué pour atteindre les points de ravito, eu peur parfois dans l’attente de nouvelles qui n’arrivent pas, la Corse étant connue pour être belle, sauvage, inaccessible et donc peu joignable sur les portables. L’angoisse qui monte quand on sait qu’Emy aurait dû arriver il y a déjà plus d’une 1h30 au précédent relais et qu’on n’a aucune nouvelle. A-t-elle craqué, s’est-elle blessée, ou bien les suiveurs qui l’accompagnent l’ont-ils contrainte à s’arrêter un moment ? Surtout la nuit où déjà 28 à 30 h ont passé et que l’endroit où elle se trouve est particulièrement difficile et demande beaucoup de ressources. Je suis venue en Corse, car j’ai longtemps hésité avant de me joindre à ce projet hors du commun, pour différentes raisons. Et puis, soudain, ça m’est apparu comme une évidence ; je me suis dit : « et si elle y arrivait ? Si je ratais ça ? ».  C’était tout simplement inimaginable pour moi, je crois que j’aurais raté quelque chose dans ma vie si je n’y avais pas participé, je le sais, je le sens.

Emilie est toute en exagération, dans le manque comme dans l’excès, d’énergie, de volonté, d’entêtement, de pugnacité, mais aussi d’attention, d’amour, de partage et je savais que j’allais vivre tous ces moments-là en l’accompagnant. Ca me tentait bien sûr, mais ça me faisait peur aussi. Ses contraintes ne sont pas toujours les nôtres, ses envies ne nous correspondent pas, et pourtant, nous sommes venus pour qu’elle gagne, pour assurer la logistique indispensable à ce projet hors norme, pour dérouler sur le terrain l’organisation qu’elle a mise en place en amont de la course. Chapeau bas, elle est d’un bordélique qui dépasse l’entendement, mais là, j’ai vu une personne organisée jusqu’au moindre détail : tout a été pensé au millimètre près, pour ses besoins physiques et d’équipement bien sûr, mais surtout pour nous, les accompagnants, l’équipe qui est venue et s’est préparée pour qu’elle atteigne son but. Nous avons été maternés, pris en charge pour le voyage, l’hébergement, l’avant et l’après course, les points de ravito, jusqu’à l’arrivée. Elle avait aussi prévu de récompenser tous ceux qui l’ont suivie sur le terrain, les sportifs de haut niveau qui ont eu envie de vivre un gros moment d’émotion et de bonheur avec elle, l’équipe du MTC (Marseille Trail Club), une famille que je me suis découverte et que j’ai adoptée.DSCF0128 Emy m’avait prévenue : « tu verras, maman, les MTC, les essayer c’est les adopter. Je ne t’en dis pas plus ». Comme elle a raison. Chacun d’eux est venu avec ses plaies et ses bosses, les laissant de côté pour un moment, pour se concentrer sur la course, sur Emy, ses besoins, le réconfort dont elle aura besoin du départ jusqu’à la ligne d’arrivée. Ils se sont effacés pour qu’elle existe et accomplisse son challenge à fond.SDC10295

Certaines figures du Trail ont fait un bout de chemin avec elle, parmi eux Guillaume Peretti, Emy-GR20-n-6.jpgSébastien Talotti, son partenaire du Team Trail Quechua, un garçon d’exception qui a découvert Emilie sous un autre angle en courant avec elle, 25 heures en tout sur le parcours, malgré une méchante déchirure ligamenteuse. Il l’a soutenue aussi  psychologiquement, et a réussi en quelques heures, ce que je n’ai jamais pu lui faire entendre en 32 ans : se reposer, s’asseoir, manger chaud, écouter les conseils, ils lui sont donnés dans son seul intérêt. Faire attention aux autres, ne pas trop leur demander, ne pas attendre d’eux l’engagement qu’elle s’est imposée à elle-même. Garder l’esprit humain  à la course, ce sont avant tout les hommes qui font les plus belles expériences et les plus grands exploits, pas seulement les moyens qui ont été mis en œuvre.

 

Je parlerais aussi de Guy et Jean-François Genovesi,Emy-GR20-n-5.jpg deux corses connus et reconnus dans le sport qui ont mouillé le maillot pour la suivre et la rebooster quand le mental flanchait, de Jean-Louis Cinqui qui au départ de Vizzavona à pris le relais pour Capanelle, bocca di Verde, le refuge de Prati, de Daniel, membre du MTC qui a partagé un moment de bonheur avec Emilie de col de Vergio fer à cheval jusqu’au refuge de Manganu. Sa discrétion n’a d’égal que sa gentillesse et sa disponibilité.

 

Comment ne pas citer Stéphanie SAMPER, la détentrice du record féminin à battre (50h52mn10s), qui a été présente sur le parcours, a encouragé et soutenu Emilie et l’a accueillie à son arrivée vendredi soir à 21h22. Voilà un fairplay qui me touche beaucoup. Le trail est un sport où l’on rencontre le véritable esprit d’équipe, l’entraide, la compétition bien sûr, mais surtout des valeurs qui font chaud au cœur, et je crois que c’est ce que j’ai trouvé dans cette course, sans l’avoir cherché. Au-delà de vivre avec ma fille des moments d’exception et de partage de son exploit,  je suis revenue beaucoup plus riche encore, d’une générosité des hommes et des femmes que j’ai rencontrés et qui m’ont confortée dans l’idée que sans humanité, rien n’est possible. C’est l’essence même de l’existence et je ne crois qu’à cela.

DSCF0089.JPGJ’ai envie de saluer aussi Romain, qui nous a accompagné tout au long de ce voyage dans l’univers, caméra au poing pour mettre sur l’image tous ces moments partagés, en OFF avant course, pendant la course et aussi après, afin de restituer à Quechua cet exploit, dans son intimité. Il m’a accompagnée sur la partie accès à pied au premier ravito (Refuge de Carrozzu) avec son matériel, en supportant une douleur ligamenteuse et un sacré coup de chaud après la redescente, sans sourciller. Sa discrétion et sa psychologie pour approcher les gens me font dire qu’il a fait un sacré bon boulot et qu’il est fait pour le métier auquel il se destine. Son BTS en audiovisuel va se jouer d’ici quelques jours, et malgré sa fatigue liée à sa vie un peu trépidante, il a tenu son rôle en vrai pro.

Ca, c’est pour les moments d’intensité, d’authenticité, de vérité.

 

Pour la course, nous sommes passés par des moments changeants, du stress, de la sueur, mais aussi du bonheur, la joie de revoir Emilie à chaque point de ravito, de veiller à ce qu’elle ne manque de rien, qu’elle ne soit pas blessée ou trop épuisée pour pouvoir poursuivre. Un bonheur indescriptible de voir son enfant passer la ligne d’arrivée en ayant atteint et dépassé son objectif ; se positionner en détentrice d’un nouveau record du GR20, en se rapprochant de celui qu’elle s’était réellement fixé : parcourir le GR en 40h. Pas atteint, elle en a été chagrinée, mais frôlé de près : 41h22mn10s. Folie diront les uns, aberration penseront les autres… Moi, perso, je ne pense plus rien, je vis avec elle sa passion, ça ne s’explique pas, mais c’est sa raison d’être. Il n’y a pas toujours de mots et de raisons aux choses, il faut les vivre intensément, c’est tout.

 

252338_4117499706690_2074499989_n.jpgFranck, son chéri était avec moi pour assurer les 6 points de ravito sur les 8 qu’Emy avait prévus. Nous DEVIONS être là, les temps entre les ravitos calculés par Emy correspondaient à des besoins physiques de régénération, les produits alimentaires et les boissons qu’elle avait prévus tenaient compte des paramètres temps de course, effort, fatigue, dépense énergétique du corps, une alchimie qui rendaient indispensable notre présence au garde à vous sur ces postes. Ce dont nous nous sommes acquittés, visiblement pas trop mal, assistés la plupart du temps par le MTC, chaque fois que nos routes se sont croisées. Certains couraient un moment avec Emilie, d’autres rejoignaient les points de ravito, ou faisaient quelquefois les 2, un challenge également pour chacun d’entre eux. Emilie a couru, mais nous aussi, pas dans les mêmes circonstances, mais pour un seul but, qu’elle gagne son pari. Je voyais le bonheur sur le visage de ces coureurs de l’ombre, rayonner quand ils arrivaient, ils avaient réussi le pari de la suivre un moment. La barre était très haute, c’est Emilie qui l’avait fixée, et malgré l’entraînement incontesté de tous ces volontaires pour apporter leur pierre à son édifice, ils ont douté jusqu’au dernier moment sur leur capacité à la suivre. Il semble que chacun ait réussi dans sa quête, ça fait plaisir à voir, ils sont heureux.

 

En ce qui me concerne, j’ai eu un coup de mou au tout début, avant le départ de la course. Nous voilà atterris en Corse le mardi soir, arrivée chez Lulu, encore un membre du MTC, qui n’a pas hésité un seul instant à nous ouvrir sa maison à Popolasca avec un cœur gros coooooommmmmme ça, à nous faire découvrir en très peu de temps son pays d’origine, les habitants, les spécialités culinaires, passage obligé dans notre culture française.SDC10283.JPG C’était rapide, pas le temps de prendre des photos, mais comme tout ce dont nous n’avons pas le temps de profiter, ce fut très intense. Je suis arrivée au milieu de ces sportifs, rassemblés par le même amour du sport et du trail en particulier, entraînés à longueur d’année, habitués à courir sur des ultras, se fixer leur propre défi, mais aussi toujours présents les uns pour les autres. Chacun avait son road-book et savait exactement ce qu’il avait à faire avant la course, pour la course. J’avais aussi des recommandations, une trame de départ, mais je ne savais pas exactement ce qu’Emy attendait de moi et comment me rendre utile. Aux questions que j’ai posées, certaines sont restées sans réponse, personne n’avait le temps d’y répondre, il ne fallait rien oublier. La préparation des ravitos était calculée par Emy très exactement, il faillait prendre ce qui était sur le road-book, la concentration était de mise. C’est à ce moment-là que je me suis demandée ce que je faisais là, je n’avais jamais eu à organiser une préparation de course, ça ne me parlait pas vraiment.

SDC10258.JPGNotre camp de base était Popolasca chez Lulu, et nous devions préparer notre sac pour partir 2 jours sur la course, laisser un bout de notre bagage sur place pour l’après-course. Est-ce que je sais, moi, ce qu’il faut emporter en trail pour 2 jours, moi qui fait du jogging à mes heures perdues et qui achète mes shorts en grande surface ? Emy me l’avait pourtant déjà indiqué avant mon départ pour la Corse, mais j’ai eu un coup de vide, je n’imprimais plus…

Emy était déjà dans sa bulle, pour se concentrer sur le départ, elle validait seulement le plan de marche de l’organisation, sans se poser de questions, sans répondre aux miennes. Franck, lui était dépassé par le nombre, pas habitué à œuvrer dans la foule, il ne m’a pas été d’un grand secours à ce moment-là.

C’était sans compter sur Coco, encore une du MTC, rompue à la prépa d’une grosse course, qui m’a expliqué qu’Emilie n’était pas en état de m’aider à cet instant précis du calendrier, cherchant un maximum de concentration pour garder son énergie, ne pas être polluée par des choses sans importance ; le défi est de taille et elle a mis un an à le préparer, il ne faut rien polluer si près du départ. Coco m’a aidée, a répondu à toute mes interrogations, elle a été le recul dont j’avais besoin pour me remettre au cœur de cette équipe, moi la seule « non sportive » au sein de tous ces challengers. Même Franck s’était entraîné et avait un certain niveau du point de vue de l’endurance, il s’en sortirait, c’est sûr.

Puis tout s’est enchaîné très vite, nous voilà partis sur le premier gite de Calenzana, point de départ du GR20, départ prévu à 4h Jeudi 21 Juin (d’où le jeu de mots d’EmyGR20T1 : le vingt et un juin).DSCF0075.JPG L’heure a sonné et un représentant de la FFME (fédération en charge de l’homologation de la course et du record) est sur place, pour attester de la présence de la coureuse, et de son heure officielle de départ. Ces pointeurs, je les ai rencontrés tout au long du parcours, des gens dévoués, rompus à ce type de pointage, debout aux aurores, couchés à même le sol parfois pour être là avant Emy, ne pas la rater.  Exercice sportif, nous nous en tenions à son road book prévisionnel, et à la réalité du terrain en fonction des infos qui nous parvenaient des suiveurs. Des gens dévoués, et fiers de montrer leur Corse dans toute son authenticité. Merci à eux d’avoir partagé ces moments avec nous.

 

Franck m’a épaulé, quant à lui, pour m’acheminer sur les points de ravito, parcourant en voiture quelques 600 km avec 4 ou 5 cartes IGN, pour repérer les endroits fixés par Emy. Pas toujours facile quand on ne connait pas la Corse, qu’on a à peine le temps de rejoindre, de trouver la bonne route, surtout la nuit, dans les ruelles ou les routes hyper sinueuses, sans visibilité et le vide qui nous suit à droite. Son habitude à lire les cartes et sa débrouillardise ont été précieux et efficaces.

Notre « Berlingo » avait tout de la caravane PATCHOULI, des sacs ras le toit de la voiture, des bagages, du matériel de cameraman, des chaussures, des bouteilles d’eau pétillante, plate, petites, grandes, une table de camping, des sacs en vrac, des…..

Il fallait tout sortir à chaque ravito, penser à l’alimentaire, au liquide, mais aussi et surtout au change complet pour Emy, si elle le souhaitait, T-shirt, chaussures de courses si jamais, piles pour la frontale, casquette, ah non c’est trop tôt, tant pis c’est trop tard on ne trouve pas… Le sport a commencé à ce moment-là.

Je n’ai rien eu le temps d’enregistrer ni les heures de passage, ni qui entre en scène et où pour la suivre, de noter quoi que ce soit, trop prise par l’objectif à atteindre. Aussi, je laisse le soin aux curieux d’aller sur Facebook, qui s’est fait un relais d’enfer, auquel je n’adhérais pas jusque là, mais force est de constater que ce lien est un magnifique trait d’union pour vivre en live un évènement aussi exceptionnel qu’un record à battre. Une foultitude de curieux, d’amis, de relations y ont laissé leur empreinte et nous ont permis de toujours savoir ce qui se passait.

 

Voilà, tout est dit en ce qui me concerne, une aventure magnifique. Pardon à ceux que je n’ai pas cités, mais ils sont dans mon cœur, Calou une chouette fille qui m’a aidée tout au long de cette course, PFX, un autre caméraman qui a fait un super relais avec Facebook et qui a fêté ses 67 ans sur le parcours, un beau cadeau que ce challenge qu’il a eu plaisir à relever, et bien sûr tous deux membres du MTC, des sportifs avant tout, ma famille, je vous l’ai déjà dit…

 

Un dernier message personnel : Coco, Calou, je vous envoie toute mon énergie et ma force, mes ondes positives, qu’elles vous immergent des orteils jusqu’à la racine des cheveux, vous et moi savons de quoi je parle.

 

MOUNE"

 

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Balmand 17/07/2012 11:39

Bonjour;
Amoureux de la Corse, et avec quelques randonnées dans ce "paradis",je suis impréssionné par votre performance,et vous félicite pour cet exploit.
Amicalement Daniel.

Emmanuelle 16/07/2012 21:54

Merci d'abord à Charlotte (ma petite soeur) qui vient de m'offrir un nouveau joujou qui va m'accompagner dans mes futures sorties en montagne ou course à pied, le Keymaze 500 !! et c'est elle aussi
qui m'a envoyé ce lien vers le blog Quechua qui m'a ammené ici : )
Bravo Emilie, je mets un visage sur ton nom qui m'a devancé ce mois de juin 2012 sur mon GR20. Je rentre aussi d'une incroyable aventure, sportive, humaine, pleine nature sur le GR20 nord (en 9
étapes ! c'est pas un exploit mais tout de même que du plaisir). Tes photos et ton récit me font revivre les superbes vues sur les crêtes, les montées dans les pierres avec les mains, les
traversées des lacs... La prochaine fois prends le temps pour une baignade sous la passerelle à 1h de l'Onda, un vrai petit Paradis, après tu remontes et tu prends la variante par le Monte
d'Oro.
Tu dois donner envie à plein de nanas de se surpasser, continue !
Emmanuelle

Mary 02/07/2012 17:55

houhaahh super CR ! c'est beau ... Bravo à tous

Mary

Coralie 01/07/2012 09:41

Très bien écrit, belle aventure humaine ! David et moi sommes très heureux pour toi, pour la réussite de ton objectif, mais au-delà, pour les liens forts qu'elle aura consolidé ! Belle aventure qui
nous aura aussi une part de rêve ! Bonne récupération et à bientôt ! Coralie

Pierre fauroux 28/06/2012 15:29

Et la musique de fond ....
... encore une souvenir de plus !!!

Thank you my friend ;-)